Dopage: Substances et méthodes interdites

Les substances dopantes et les méthodes de dopage interdites figurent sur une liste qui répond à une double préoccupation de protection de la santé des sportifs d’une part, et de l’esprit et l’éthique sportif, d’autre part.
 
  • Procédure d’adoption de la liste

 
La France reconnaît la liste de référence des classes pharmacologiques de substances et de procédés dopants interdits, révisée et adoptée par le Groupe de suivi de la Convention contre le dopage du Conseil de l’Europe. Cette convention, pour mémoire, a été adoptée le 16 novembre 1989 et publiée, par décret n°91-274 du 13 mars 1991, au Journal officiel de la République française (JORF) du 16 mars 1991.
 
La liste des substances dopantes et méthodes de dopage interdites reprend celle élaborée et proposée par l’Agence mondiale antidopage (AMA), adoptée par le Comité international olympique (CIO) et par les fédérations sportives internationales.
 
En France, un arrêté des ministres chargés de la santé et des sports fixant la liste des substances dopantes et méthodes de dopage interdites (article L.3631-1 du code de la santé publique), reprenant la liste internationale précitée est, par la suite, publié au JORF
 
Les sportifs ayant eu recours au dopage sont sanctionnés sur la base de cet arrêté par les instances disciplinaires sportives telles que les commissions disciplinaires des fédérations françaises et le Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD). L’arrêté actuellement en vigueur est celui du 25 mars 2005, modifiant l’arrêté du 20 avril 2004 modifié (JORF du 7 avril 2005).
 
Cet arrêté abroge l’annexe I de l’arrêté de 2004 et le remplace par la nouvelle liste 2005 des substances dopantes et méthodes de dopage interdites, en vigueur au niveau internationale depuis le 1er janvier. Les autres dispositions fixées par l’arrêté de 2004 restent, quant à elles, inchangées :
 _. article 2 : « le sportif doit s’assurer que tout médicament, supplément, préparation en vente libre ou toute autre substance qu’il utilise ne contient aucune substance interdite. » est maintenue
 _. article 4, l’acte de prescription, à des fins thérapeutiques, d’une substance ou d’un procédé interdit énuméré à l’annexe I de cet arrêté peut prendre la forme d’une justification médicale.
 

  •  Contenu de la liste

Il existe une distinction entre les contrôles effectués en compétition et hors compétition (entraînement, etc.).

La liste comprend
:
 _. Les classes des substances et méthodes interdites en permanence (en compétition et hors compétition)
 _. Les substances interdites uniquement en compétition
 _. Les classes des substances interdites dans certains sports
 

  • Substances et méthodes interdites en et hors compétition (en permanence)

 
Stéroïdes androgènes et autres anabolisants : ils augmentent la masse musculaire mais aussi l’agressivité. La testostérone et ses dérivés synthétiques sont les représentants majeurs de cette classe.
 
Hormones peptidiques et assimilées : véritables messagers physiologiques, elles possèdent un système d’autorégulation à l’intérieur de l’organisme, afin de respecter l’équilibre hormonal (GH, hCG, EPO, MGFs, ACTH par exemple).
 
Bêta-2 mimétiques : ils sont tous interdits sauf le formotérol, le salbutamol, le salmétérol et la terbutaline exclusivement sous forme d’inhalation avec une justification médicale préalable pouvant prendre la forme d’une AUT allégée.
 
Agents ayants une action antioestrogène : ce sont des composés qui modifient le profil hormonal de l’individu.
 
Agents masquants : ce sont des produits qui ont la capacité d’entraver l’excrétion des produits ou de dissimuler leur présence dans les prélèvements effectués lors des contrôles antidopage (diurétiques, hydroxyéthylamidon, épitestostérone, finastéride par exemple).
 
Le dopage sanguin, les manipulations physiques et chimiques ainsi que le dopage génétique sont rigoureusement interdits.
 

  • Classes de substances et méthodes interdites en compétition

 
Outre les classes de substances énumérées ci-dessus, les classes suivantes sont interdites en compétition :
 
Stimulants : ils agissent sur le système nerveux central et favorisent l’état de vigilance (amphétamine, éphédrine et cocaïne en sont des exemples).
 
Pour 2005, le bupropion, la caféine, la phényléphrine, la phénylpropanolamine, le pipradol, la pseudoéphédrine et la synéphrine ne sont pas considérés comme des substances interdites mais seront soumis au programme de surveillance de l’AMA
 
Analgésiques centraux et narcotiques : ils effacent les signaux d’alerte périphériques comme la douleur et possèdent une action neurologique centrale (morphine par exemple). Il faut signaler que la notion de « substances apparentées » a été retirée de cette classe pour laquelle seules les substances mentionnées sont interdites.
 
Le cannabis est interdit en compétition.
 
Glucocorticoïdes: naturels (cortisol) ou de synthèse, ils diminuent la douleur et l’inflammation et sont euphorisants. Ils sont interdits par voie générale (orale, rectale, injection intraveineuse et intramusculaire). Leur utilisation sous toute autre forme nécessite une justification médicale qui peut prendre la forme d’une AUT allégée à l’exception des préparations cutanées qui sont désormais autorisées.
 

  • Classes de substances interdites dans certains sports

 
Alcool (éthanol) : interdit en compétition seulement, dans les sports suivants. La détection sera effectuée par éthylométrie. Le seuil de violation est indiqué entre parenthèses. Si aucune valeur n’est indiquée, la présence de la moindre quantité d’alcool constituera une violation des règles antidopage.
 
Aéronautique (FAI) (0.20 g/L), Automobile (FIA) (0.10 g/L), Billard (WCBS) (0.20 g/L), Boules (CMSB)(0.10 g/L), Karaté (WKF) (0.10 g/L), Motocyclisme (FIM) (0.00 g/L), Pentathlon moderne (UIPM) (0.10 g/L) pour les épreuves comprenant du tir, Ski (FIS) (0.10 g/L), Tir à l’arc (FITA) (0.10 g/L).
 
Bêta-bloquants : À moins d’indication contraire, les bêta-bloquants sont interdits en compétition seulement, dans les sports suivants :
 
Aéronautique (FAI), Automobile (FIA), Billard (WCBS), Bobsleigh (FIBT), Boules (CMSB), Bridge (FMB), Curling (WCF), Echecs (FIDE), Gymnastique (FIG), Lutte (FILA), Motocyclisme (FIM), Natation (FINA) en plongeon et nage synchronisée, Pentathlon moderne (UIPM) pour les épreuves comprenant du tir, Quilles (FIQ), Ski (FIS) pour le saut à skis et le snowboard free style, Tir (ISSF) (aussi interdits hors compétition), Tir à l’arc (FITA) (aussi interdits hors compétition), Voile (ISAF) pour les barreurs seulement.
 

  • Quelques points sont à préciser :

Dans un but pédagogique, les seuils de positivité ne sont pas systématiquement mentionnés dans l’arrêté. En effet la notion de seuil revêt plusieurs cas de figure :

 _. – La substance est autorisée jusqu’à un certain seuil : cette information doit être connue et figure donc sur la liste (exemple : éphédrine jusqu’à 10 microgrammes par millilitre d’urine) ;

 _. – La substance est interdite mais la nécessité pour le sportif, d’effectuer des investigations complémentaires en cas de résultat positif incite à mentionner, sur la liste, la limite de positivité. La mention du rapport testostérone sur épitestostérone (positivité au-delà de 6) illustre ce propos ;

La substance est strictement interdite auquel cas l’existence d’un seuil a pour objectif d’éliminer des résultats faussement positifs dus à certains facteurs tels que l’existence de la substance sous forme endogène (nandrolone), une inter-relation entre substances (morphine, interdite et codéine, autorisée), la limite technique de détection de la substance et la notion d’inhalation passive (cannabis). Ces informations sont donc communiquées au laboratoire antidopage afin qu’il en tienne compte dans le rendu des résultats d’analyse. Le maintient de ces seuils dans la liste inciterait le sportif à penser, à tort, que des substances telles que la nandrolone et le cannabis sont tolérés jusqu’à un certain seuil.

  • Dangerosité des substances et méthodes interdites

L’utilisation des substances dopantes n’est pas sans danger pour le sportif. Certains produits (cocaïne, ecstasy, héroïne, etc.) entraînent une grande dépendance physique et/ou psychique chez le consommateur. D’autre sont des médicaments (EPO, hormone de croissance, insuline) dont l’administration abusive ou le détournement d’usage est à l’origine d’effets secondaires négatifs pour l’organisme.
 
Stimulants : Ils possèdent les risques de toutes les substances actives sur le psychisme (nervosité, agressivité, troubles cardiovasculaire, etc.).
 
Stéroïdes androgènes et autres anabolisants : Ils ont des effets masculinisants chez la femme (virilisation) et peuvent entraîner des troubles de la libido, de l’agressivité, des ruptures tendineuses, etc.
 
Hormones peptidiques et assimilées : Leur utilisation entraîne une dérégulation physiologique interne avec des conséquences à court et long terme. Par exemple, les effets secondaires de l’EPO sont la survenue d’accidents cérébraux, d’hypertension artérielle, d’embolies pulmonaires, etc.
 
Diurétiques : Ils entraînent un état de déshydratation.
 
Corticoïdes : Leur utilisation entraîne une fragilité des tendons et des muscles, des troubles cardiovasculaires, des ulcères, etc.

Article paru sur le site santesport – www.santesport.gouv.fr
Droits réservés

Laisser un commentaire