Dopage: La lutte antidopage

 
La lutte antidopage implique une véritable mobilisation tant à l’échelle nationale qu’au niveau européen et international pour garantir la loyauté et la crédibilité des grands évènements sportifs.
 
Les principaux acteurs et intervenants nationaux sont:

  • le ministère des Sports,
  • le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et,l
  • e Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD).

A l’échelle internationale interviennent principalement

  • l’Agence Mondiale Antidopage (AMA),
  • le Comité International Olympique (CIO),
  • le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne.

 

  • Le Ministère des Sports

a impulsé ces dernières années une notable accélération de la lutte contre le dopage en France (loi du 23 mars 1999, recrutement de 24 médecins conseillers, triplement des moyens budgétaires entre 1997 et 2000, doublement du nombre des contrôles sur la même période). Le Ministère finance également un certain nombre de projets de recherche : soit directement (comme ce fut le cas pour deux études, l’une consacrée à la nandrolone, l’autre aux excès en fer chez les cyclistes), soit indirectement, par le biais du Laboratoire National de Dépistage du Dopage (LNDD). Le LNDD travaille notamment sur la mise au point et l’amélioration de nouvelles méthodes d’analyse de substances détectables. Il est également impliqué dans la recherche de méthodes de détection de substances dopantes jusqu’alors indécelables.
 

  • Le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF)

regroupe les 87 fédérations sportives qui lui sont affiliées. Véritable confédération du sport français, le CNOSF contribue à la préparation des sportifs français, notamment par la mise en place d’une structure médicale sur les grandes compétitions multisports.

Dans son ambition de développer et protéger l’esprit olympique, le CNOSF a institué la Fondation Sport Santé. Ses objectifs sont d’informer et de prévenir les pratiquants sur les dangers du dopage, de les sensibiliser à la bonne pratique du sport (tant d’un point de vue physique qu’éthique et comportemental) et de mobiliser les différents acteurs du monde sportif. Cette Fondation s’adresse à tous, grand public comme les pratiquants chevronnés, dirigeants ou corps médical et paramédical. Le ministère des Sports apporte son soutien et son expertise aux actions de prévention engagée par la Fondation Sport Santé, placée sous l’égide de la Fondation de France.
 

  • Le Conseil de Prévention et de Lutte contre le Dopage (CPLD)

est une autorité administrative indépendante composée de neuf membres nommés par décret du Président de la République. Elle a été créée par la loi du 23 mars 1999 et exerce ses responsabilités dans trois domaines : l’action disciplinaire à l’encontre des sportifs ayant contrevenu à la loi, la définition de la politique de prévention du dopage et la coordination de la recherche en matière de médecine du sport.
Le Conseil exerce ses responsabilités disciplinaires dans quatre cas : il est saisi d’office lorsque les organes disciplinaires d’une fédération sportive n’ont pas statué dans le délai de 4 mois prévu par la loi ; il peut de sa propre initiative réformer des sanctions fédérales (sanction, relaxe) manifestement inadaptées à l’infraction commise ; il est compétent pour sanctionner les personnes non licenciées ayant participé à des compétitions sportives ; il peut, de sa propre initiative ou à la demande de la fédération, décider de l’extension d’une sanction disciplinaire prononcée par une fédération aux activités de l’intéressé relevant d’autres fédérations.
Le CPLD mène également des actions de prévention (seul ou en partenariat). Il est ainsi membre de droit de la Fondation Sport Santé du CNOSF.
Enfin en matière de recherche, le CPLD participe au dispositif de veille sanitaire par l’intermédiaire de sa cellule scientifique, qui recueille toutes les données individuelles relatives au traitement du dopage. Le Conseil propose également au Ministre des Sports toute mesure tendant à prévenir ou à combattre le dopage.
 

  • L’Agence Mondiale Antidopage (AMA)

 
a été fondée le 10 novembre 1999 à Lausanne afin de promouvoir et de coordonner sur le plan international la lutte contre le dopage dans le sport. Elle a été instituée sur l’initiative du Comité International Olympique et de certains Etats parmi lesquels la France a joué un rôle déterminant, avec le soutien et la participation d’organisations intergouvernementales, de gouvernements, d’administrations et d’autres organismes publics et privés. Son budget est depuis 2002 acquitté pour moitié par les Etats et pour moitié par le CIO. Son siège, provisoirement à Lausanne, sera implanté à Montréal au printemps 2002.
L’AMA est représentée par un conseil de fondation de 34 membres, un comité exécutif de 11 membres, cinq comités de travail et un panel d’observateurs indépendants. Son rôle principal est d’harmoniser la lutte contre le dopage, aussi bien du point de vue des procédures de contrôle que de celui des sanctions disciplinaires, et ce dans tous les Etats et pour toutes les disciplines. Elle ne fait cependant pas que cela puisqu’elle finance aussi des projets de recherche (pour un montant de 5 millions de dollars en 2001) et définit des programmes éducatifs pour la jeunesse.
 

  • Le Comité International Olympique (CIO),

 
organisation non-gouvernementale à but non-lucratif, a été fondé le 23 juin 1894 par le Baron Pierre de Coubertin. Sa responsabilité principale réside dans la supervision et l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver et d’été. Le CIO est entièrement financé par des fonds privés provenant de programmes de marketing et de la vente des droits de retransmission des Jeux. Il redistribue au sein du mouvement olympique 93% des fonds qu’il génère.
La mission du CIO consiste à assurer la promotion de l’Olympisme et de l’éthique sportive. L’un de ses principes fondamentaux est de contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d’aucune sorte et dans un esprit d’amitié et de solidarité. C’est dans ce cadre que s’inscrit la lutte contre le dopage. Elle est conduite par une commission médicale créée en 1967. Cette commission finance et coordonne la recherche dans l’identification des substances et des pratiques dangereuses pour l’athlète. Elle a également un rôle d’information préventive, auprès des athlètes, entraîneurs et administrateurs, mené par le biais de publications et de séminaires.
 

  • Le Conseil de l’Europe

 
a pris très tôt des mesures destinées à lutter contre le dopage. Le premier texte adopté par le Comité des ministres date de 1967. La Charte européenne contre le dopage lui a succédé en 1984. Enfin, la Convention contre le dopage a été signée à Strasbourg le 16 novembre 1989. Elle dépasse largement le cadre européen puisque aujourd’hui 39 pays l’ont ratifiée, sans compter les pays observateurs. Ce forum international constitue une interface idéale avec le mouvement sportif international. Cette convention dispose en effet d’un groupe de suivi qui veille en particulier à la mise à jour annuelle de la liste des substances prohibées L’esprit de la Convention vise à encourager le développement des programmes de prévention et de répression du dopage, à responsabiliser le mouvement sportif et à harmoniser les différents règlements en vigueur.
 

  • Enfin l’Union Européenne

 
joue également un rôle important dans cette lutte contre le dopage. Par le biais de la Commission européenne, elle finance notamment des projets pilotes de l’Agence Mondiale Antidopage ; elle a par exemple engagé en août 2001 deux millions d’euros pour approfondir trois programmes de l’AMA (dont l’un consiste à financer les activités des observateurs indépendants). Dans le domaine éducatif, la Commission et le Comité International Olympique (CIO) ont lancé une action commune de promotion des valeurs de l’olympisme à destination des écoles. Cette action s’adresse aux enfants ayant entre 10 et 14 ans, un groupe d’âge suffisamment intéressé par le sport et capable de participer activement à des projets pédagogiques concrets sur des notions comme les dangers du dopage. Les moyens prévus pour cette action sont d’environ 750 000 euros en 2002. Sur le plan de la recherche, le parlement européen a alloué en 2000 un budget de 5 M€ avec mandat pour la Commission de lancer des actions pilotes dans le domaine de la lutte contre le dopage ; 15 projets, couvrant une large variété de disciplines sportives concernant aussi bien les amateurs que les professionnels, ont été retenus. Une attention particulière a été accordée à des projets destinés aux handicapés et aux jeunes exclus.

Article paru sur le site santesport – www.santesport.gouv.fr
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